La Première guerre Punique (264 à 241 av. J.-C.)


Ce qui va suivre, est le déroulement, synthétique, de la première guerre Punique qui oppose Carthage à Rome. J'aborderai, ici, un résumé succint des deux forces, en particulier celui des Carthaginois (pour les Romains, se reporter à la partie histoire). Je vous parlerai ensuite des causes du conflit, avant de finir sur l'ensemble de la guerre. Je vous souhaite une agréable lecture.

Les Carthaginois

Selon une tradition, Carthage a été fondée en 814 avant J.-C. Elle atteignit son apogée au VIème siècle, quand, avec l'aide des Etrusques, elle infligea une défaite à la flotte des Grecs, lors de la bataille de l'Alalia vers 535 avant J.-C., alors que ces derniers essayaient de s'implanter en Corse. Carthage dominait alors les côtes d'Afrique, du Golfe des Syrtes au détroit de Gibraltar, le littoral espagnol, les Baléares, la plupart des îles de Corse, de Sardaigne et de Sicile. En 480, elle essuya une écrasante défaite contre Syracuse à Himère, sur le côte septentrionale de Sicile. Pendant le Vème siècle, Carthage étendit sa domination sur l'arrière pays, au profit des Libyens et des Numides. Elle créa une riche économie agricole, et explora les côtes de l'Afrique noire, riches en or. En 409, Carthage reprend le combat contre Syracuse, et à ce moment là son monopole commercial, en Occident, n'est plus incontesté. Ayant étendu son réseau d'échanges, elle est plus vulnérable dans le cas guerre longue et de grande envergure. De plus, les villes sous contrôle punique trouvaient que la sujétion était trop dure, elles combattront donc mollement, ou bien, comme Utique, trahiront Carthage.

Si on analyse la force militaire carthaginoise, on remarquera que celle-ci est très limitée. Certes elle possède une flotte navale qui surclassait celle des Romains, notamment avec la maniabilité des vaisseaux et l'entraînement des équipages qui sont principalement formés de citoyens; mais son armée terrestre, peu nombreuse, a un problème de fidèlité et de maniement, surtout si l'on compare aux Romains avec leurs citoyens-soldats. L'armée punique est majoritairement formée de mercenaires. Ces derniers coûtent très chers, d'où le faible nombre de son effectif, mais présentent une technicité excellente, ainsi que, comme il est dit plus haut, une fidélité non assurée. Son corps de bataille est constitué en partie par des Grecs, soutenus par une infanterie légère formée d'Ibères et de Baléares. Se joignent à celà une cavalerie numide très renommée, ainsi que des éléphants africains.

A la veille de la première guerre Punique, on trouve donc une Carthage qui n'est pas aussi redoutable que par le passé, mais qui n'a pas dit son dernier mot.

Les Romains 

Rome vient d'achever la conquête de l'Italie en 270 avant J.-C. Pour de plus amples informations, se reporter à la partie histoire où une synthèse a déjà été faite, de la fondation de Rome par Romulus, en 753 avant J.-C., jusqu'à sa chute, en 476 après J.-C.

Origines et causes du conflit

Tant que la domination des grecs dura en méditerranée, les relations entre Rome et Carthage étaient plutôt cordiales. Mais une fois que les Grecs passèrent sous la domination d'Alexandre le Grand, roi de Macédoine, les deux cités, puinique et romaine, se trouvèrent alors seules face à face. Les Romains constatent donc que Carthage est en possession de nombreux territoires, dont toutes les îles de la mer Tyrrhénienne (Baléares, Corse, Sardaigne). Et si les Carthaginois achèvent la conquête de la Sicile, ils seraient à la portée de l'Italie du  Sud, puis non loin de Rome elle-même. Les Romains vont donc choisir d'entrer en guerre contre Carthage pour protéger  l'Italie. C'est alors le début de la première guerre Punique.

La guerre 

Durant cette guerre qui oppose Rome à Carthage, on distingue quatre grandes périodes.

La première période, de 264 à 261 avant J.-C., voit une limitation des opérations étant donné que les Romains ne font que, tout du moins dans une premier temps,  défendre Messine, située au nord-est de la Sicile. Les Carthaginois occupant l'ouest de la Sicile, cherchèrent à établir leur monopole sur l'île toute entière. Ils prirent la décision de s'emparer de Messine, qui demanda de l'aide auprès des Romains. C'est ainsi que les légions romaines débarquèrent à Messine dans le but de la défendre, comme il l'est dit plus haut. En plus de cela, le roi de Syracuse, Hiéron II, dont la présence carthaginoise le gênait, conclut une alliance avec les Romains. Plus tard, Rome engagea ses troupes vers l'ouest de la Sicile, s'empara d'Agrigente, mais échoua devant les villes se situant plus à l'ouest en raison de la proximité de l'Afrique, d'où un facile ravitaillement pour les troupes puniques. Depuis leurs bases des îles Lipari, les Carthaginois menaçaient les côtes italiennes, ce qui obligea Rome à se contraindre à un gros effort naval.

La deuxième période de cette guerre (de 260 à 255 avant notre ère) voit la construction d'une grande flotte romaine. Par le passé, Rome devait utiliser les navires de ses alliés du sud, mais face aux quinquérèmes carthaginoise, ces petits navires font pâle figure. C'est ainsi que lors de l'hiver 261-260 avant J.-C., les Romains mirent au jour 120 batiments (100 quinquérèmes et 20 trirèmes) sur le modèle d'un navire ennemi qu'ils trouvèrent échoué. Toutefois, ne se sentant pas assez assurés lors de la manoeuvre des bateaux, les romains mirent au point une tactique, qui consiste à aller sur les navires ennemis à l'aide d'une passerelle munie de crocs. Ils reconstituèrent ainsi des combats d'infanterie où ils étaient bien meilleurs. Et c'est alors que les Romains gagnèrent leur première bataille navale, remportée par le consul Duilius à Myles en 260 avant J.-C. En 256, ils remportèrent une autre victoire au sud de la Sicile, à Ecnome, ce qui incita ces derniers à débarquer en Afrique. Toujours la même année, le consul Atilius Regulus débarqua donc au Cap Bon avec 15000 hommes, y compris des populations libyennes, non fachées de se défaire de l'emprise punique. Mais au printemps 255, le mercenaire spartiate Xanthippe battit Regulus, qui fut fait prisonnier, et les 2000 rescapés furent tués lors d'une tempête à leur retour, au large de Camarine. Carthage envoya Regulus négocier avec le Sénat romain pour une paix éventuelle, mais le prisonnier en dissuada les sénateurs, et rentra à Carthage où la mort l'attendait. Les deux adversaires étaient durement touchés, les Romains après la perte de 15000 hommes, et les Carthaginois après la dévastation de leur territoire et un soulèvement provoqué par les Numides.

La troisième période (254 à 248 avant J.-C.) fut longue et douloureuse, surtout pour les Romains. Ces derniers tentèrent de s'emparer des bases puniques se situant à l'ouest de la Sicile. En 249, le consul Claudius Pulcher s'apprêtait à lancer un assaut naval devant la ville de Drépane, lorsque les augures lui annoncèrent que les volailles, soit disant sacrées, ne voulaient pas manger. N'étant pas énormément croyant, il leur répondit que si elles ne voulaient pas manger, c'est parcequ'elles avaient soif, et de ce fait, les jetta à la mer. Le moral des troupes n'étant pas au rendez-vous après ce présage, ce fut une écrasante défaite qui attendait les Romains. Rome se trouvait donc pratiquement privée de ses navires, et à la merci des carthaginois, mais ces derniers n'exploitèrent pas l'occasion, et laissèrent les choses en l'état en Sicile, préférant renforcer leur position en territoire africain.

La quatrième et dernière période (247 à 241 avant J.-C.) voit un ultime effort de la part des Romains. En effet, ils renforcèrent leur position en Sicile, et harcelèrent le général punique Hamilcar Barca qui résistait sur le mont Heirctè et sur le mont Eryx, mais recevait peu de renforts. Avec l'appui de Hiéron II, et avec un emprunt forcé sur les citoyens, le consul Lutatius Catulus remporta une victoire décisive, en mars 241, aux îles Egates. Le traité de paix fut aggravé par le Sénat de Rome. En effet, Carthage devait payer la colossale de 3200 talents sur dix ans, céder les îles Lipari, et ne devait plus recruter de mercenaires en Italie. Rome acquit, en plus, la Sicile toute entière, sauf Syracuse, territoire allié, où elle se contenta tout de même de laisser un administrateur.

L'essentiel à retenir

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